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Les publicistes face aux marchés publics : Face avec Face avec Gabriel Benesty

Dans : 3 questions à| Face à Face| benesty| campagne| marchés publics| publicistes| périmètre du droit

27 sept 2010

Gabriel Benesty est associé du cabinet Benesty Taithe Panassac Associés. Diplômé de la première promotion de l’Institut de Droit Public des Affaires, qui fête ses 20 ans, il est candidat au Conseil de l’Ordre et animera le 26 octobre 2010 une conférence  sur le thème « Choisir son avocat : règles déontologiques et mise en concurrence dans les marchés publics ».Il a accepté de répondre à nos questions d’une part, sur la crise actuelle  traversée par les  avocats publicistes, d’autre part, sur l’indidence de cette situation alarmante sur notre profession et enfin sur  les mesures attendues de la part de l’Ordre et du Bâtonnier.

1.   Christiane Féral-Schuhl : Quelle est la situation des avocats publicistes, qui semblent traverser une crise ?

Gabriel Benesty : Le barreau « publiciste » de Paris comprend aujourd’hui environ 300 avocats, dont un tiers est titulaire de la spécialisation et une grande partie issue de l’Institut de Droit Public des Affaires de l’EFB. Ce petit  nombre d’avocats subit, depuis quelques années, dans une indifférence certaine, le joug de plus en plus pesant des règles de mise en concurrence publique, dont les plus connues sont celles du Code des marchés publics. 

Aujourd’hui, toute prestation de services dont le montant annuel est supérieur à 4 000 euros doit faire l’objet d’une procédure de mise en concurrence, non seulement de la part de l’Etat et des collectivités locales, mais également des opérateurs publics qui interviennent dans les domaines de la culture, de la santé, des transports, de l’enseignement et de l’aménagement.

Lire l’intégralité des réponses de Gabriel Benesty à nos questions

Version PDF pour impression du Face à Face avec Gabriel Benesty

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Commentaire   4 avis sur ce billet

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Jean CAPIAUX

le 29 septembre 2010 à 14 h 26 min

Mon Cher Confrère,
Tout à fait d’accord avec vous ; soit « les dès sont pipés » la mise en concurrence étant fictive, soit, lorsque ce n’est pas le cas, on assiste à des pratiques de dumping. Dans une vision à courte vue celà arrange les responsables financiers des donneurs d’ordre. Il y a une vraie action de sensibilisation à mener auprès de ceux-ci pour qu’ils prennent conscience du côté pervers de ces pratiques.
Confraternellement.
Jean CAPIAUX
Pésident d’honneur de l’Association française des avocats-conseils auprès des collectivités territoriales (AFAC).

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André NASSET

le 4 octobre 2010 à 16 h 00 min

Mon cher confrère,
Je vous rejoins dans votre constat. Ce n’est pas le principe de la mise en concurrence qu’il faut combattre, mais la manière dont il est exercé par les pouvoirs adjudicateurs.
Il faut également reconnaître que les personnes publiques sont embarassées lorsqu’elles rédigent un dossier de consultation pour l’achat de prestations d’assistance et de représentation juridiques. Elles-mêmes ne sont pas en mesure de définir leurs besoins. Alors elles se contentent de passer des marchés pluriannuels à bons de commande sans minimum, chaque bon de commande devant d’ailleurs systématiquement faire l’objet d’un devis préalablement à son émission.
En clair, ce sont de faux marchés publics ; un semblant de procédure de mise en concurrence, sur des critères bidons (exigence de références et de chiffres d’affaires complètement déconnectés de l’objet du contrat), abusant de la multiattribution tout en s’exonérant d’une remise en concurrence entre les différents attributaires…
Ce « bricolage » nuit autant à notre profession, qu’au pouvoirs adjudicateurs eux-mêmes.
Ce n’est pas la réponse du ministre de l’Intérieur à la question de Monsieur Douillet, député des Yvelines (question N°77004 – JO du 24/08/2010 page 9338) qui apporte des explications satisfaisantes. Ce n’est ni l’allotissement, ni l’accord cadre qui va résoudre le problème.
Je n’ai pas de solution à proposer. En revanche, je pense que le probème mérite d’être soulevé ; les avocats sont pour une mise en concurrence saine, mais dénoncent les pratiques actuelles qui génèrent des dérives facheuses pour la profession.
Confraternellement,
André NASSET
SCP Derriennic Associés

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Frédéric Lévy

le 6 octobre 2010 à 18 h 01 min

Mon Cher Confrère,

Je crains, à regret, que la plupart des pouvoirs adjudicateurs voit dans l’application au CMP des marchés d’assistance et de représentation un élément positif et qu’il soit donc difficile de remettre en cause cette règle.

En revanche, l’Ordre des Avocats a un rôle majeur à jouer notamment sur les questions suivantes:

- La contestation devant les juridictions administratives des marchés méconnaissant notre déontologie ou la législation relative à la protection du périmètre du droit .

- L’élaboration d’un corps de règles déontologiques spécifiques applicable à la procédure de mise en concurrence

- La solution des conflits déontologiques naissant entre confrères à l’occasion de l’attribution d’un marché suite à Appel d’Offres.

- La poursuite des confrères qui méconnaissent nos règles professionnelles à l’occasion d’une candidature à un marché public.

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Yvan Razafindratandra

le 11 octobre 2010 à 7 h 07 min

Cher Gabriel,

Merci d’avoir lancé ce débat tant attendu. Il est temps que notre profession s’en préoccupe. Je crains, cependant, que la réalité soit encore plus préoccupante. Je classerais volontiers les problèmes en trois rubriques :

- La concurrence entre avocats :

Sur ce point, le dumping qui fait rage pénalise l’ensemble de la profession.

Il semble que nous ne soyons pas les seuls. Les prix auxquels sont attribués des marchés de maîtrise d’oeuvre sont souvent ridicules.

Dans tous les cas, il me semble que c’est par leur qualité que la valeur des conseils ou de l’assistance d’un avocat dervrait être reconnue.

Malheureusement, je ne crois pas beaucoup à la moralisation des marchés publics.

Néanmoins, une action pédagogique de nos instances auprès des pouvoirs adjudicateurs ne saurait nuire.

- La concurrnce et / ou la coopération entre avocats et prestataires de services (c’est-à-dire non avocats) :

L’intervention juridique ou judiciaire est souvent combinée avec des interventions d’une autre nature : économique, technique, financière.

Il faut alors que l’avocat s’allie avec d’autres professionnels pour présenter une offre commune. Il serait utile de clarifier les règles en la matière.

Ce faisant, l’offre commune présentée par un avocat en groupement est mise en balance avec des offres « intégrées » présentées par des associations ou sociétés qui prétendent être en mesure de disposer de l’ensemble des compétences, y compris juridiques, pour présenter un package.

La « compétition » est alors faussée.

- les appels d’offres européens et internationaux :

Je voudrais que nos réflexions ne se limitent pas aux seuls appels d’offres nationaux (même s’ils sont importants et prioritaires). La concurrence devrait d’emblée être pensée au niveau européen et international. Là encore, notre profession devrait s’armer pour discuter avec les instances professionnelles d’autres Etats ou les instances européennes.

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