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Formation des avocats : synthèse par Pierre-Yves Gautier, Professeur à l’Université Panthéon-Assas, de notre réunion de campagne du 9 février dernier

Dans : Didier Chambeau| Divers| Formation| Réunions| Yvon Martinet| campagne

15 fév 2010
 Pierre-Yves GautierI-La formation initiale  

La présence de jeunes avocats et d’élèves de l’EFB, ainsi que des témoignages écrits, ont permis d’une part, d’avoir une idée très précise sur ce qui s’y passe et d’autre part, de débattre du fameux « rapport de la Commission Darrois », que les Politiques pressent les milieux professionnels de mettre en application. Il y aura une « réforme ». D’accord, mais laquelle ? Et dans l’intervalle, que fait-on ? (Interrogation liminaire d’Yvon Martinet). Le Conseil national du droit (organisme paritaire professionnels-Université), présidé par le Professeur B. Teyssié, devrait bientôt se prononcer, à la demande du Gouvernement.

1. Beaucoup de critiques ont été poussées au sujet de l’EFB, avec des exemples précis et concordants : ainsi, six mois de cours, stage en alternance, les modalités sont mal définies ; il est difficile de faire son travail à fond en cabinet et d’assister aux « cours » ou « séminaires » (module de 6 mois, pour scolarité de 2 mois). Il faudrait les concentrer et les diminuer, car cela donne des périodes interminables. Ce qui donnerait plus de temps pour le stage. Les calendriers doivent être revus : à l’heure actuelle, il y a pléthore de demandes de stage pour janvier, jamais au second semestre. Les stages sont souvent réservés un an à l’avance. Des gens ne font rien, quand ils n’ont pas « cours » ; beaucoup de cabinets refusent les alternances….

Lire le PDF de l’intégralité de la synthèse du Professeur Pierre-Yves Gautier

Inscrivez-vous à la Master class du 22 mars 2010 « Plaidoiries & délibéré sur un cas réel » du Professeur Pierre-Yves Gautier et de l’IEJ de l’Université Panthéon-Assas

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Commentaire   3 avis sur ce billet

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Clémence

le 17 février 2010 à 11 h 30 min

Bonne synthèse sur la réalité de l’EFB. Une bonne école mais qui a vraiment besoin d’une réorganisation de son programme. Alterner un mois de cours puis 2 mois de stage, puis re cours n’a pas de sens. Il faudrait effectivement concentrer les mois de cours et pouvoir ainsi faire un stage plus long. Et finalement, de mon expérience après plus d’un an d’EFB, sans aucun doute c’est en stage que l’on apprend le plus !

Globalement les cours sont satisfaisants, mais encore faut-il qu’ils s’adressent aux futurs spécialistes de la matière…En tant que pénaliste, la data rooms n’est pas un très bon souvenir..d’autant que comme le souligne PYG, pas de travail pédagogique préalable.

Que les IEJ fonctionnent à plein temps, très bonne idée. En tout cas, une réorganisation s’impose. Plus de cours, plus d’entraînements.

Une grande école de commerce ? Ah non ! La fac c’est la fac.

Vivement de petits réformes donc, et très bonne campagne à Christiane Féral-Schuhl !

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C.

le 18 février 2010 à 11 h 45 min

Elève-avocate débutant par le PPI, je vais par la suite enchaîner sur ma période de cours à l’EFB. Pourtant, les échos que j’en ai reçus ne me rendent pas hâte d’y être. En effet, aussi bien les anciens élèves avocats que mes camarades ayant débuté par les cours les décrient depuis longtemps. Mauvaise organisation (enseignants en retard, manque de préparation, cours inintéressants (« on apprend rien » me dit-on sauf lors des cours d’expression orale, les plus et les seuls qui soient intéressants apparemment! Quelle réjouissance d’avoir payé 1600 euros de frais d’inscription.), certaines matières indisponibles pour certains modules (les publicistes sont apparemment mal aimés, ex: module de rédaction d’actes judiciaires: seuls le droit des affaires et le droit social seraient proprosés!), groupes de travail beaucoup trop importants pour pouvoir travailler efficacement (être 17 pour rédiger un contrat!) etc.

L’EFB ne fait-elle pas d’enquête de satisfaction?

Quant à l’IEJ: il est clair qu’elle devrait fonctionner à plein temps, ie même et surtout l’été, avant les épreuves du CRFPA/ENM. D’une part, pour permettre aux plus démunis qui n’ont pas les moyens de se payer une prépa privé d’avoir plus de chances de réussite (l’école et la réussite accessible pour tous), et, d’autre part, de ne pas donner de prime aux instituts privés (car ne nous leurrons pas la plupart des candidats reçus au CRFPA/ENM ont fait une prépa, quitte à emprunter de l’argent).

Enfin, s’agissant de l’Université, elle gagnerait effectivement plus à professionnaliser ses formations. Les cours dispensés sont trop théoriques, les stages devraient être encouragés dès la L1 . Ne nous leurrons pas: un bon CV se constitue dès la L1 alors pourquoi ne pas informer les étudiants dès le départ? Je constate là aussi une rupture d’égalité: les étudiants qui ne baignent pas dans le milieu du droit ne doivent pas se rendre compte après leur Master 2 qu’ils auraient dû penser à faire des stages pour acquérir de l’expérience et aussi être visible aux yeux des recruteurs.

Vive les réformes bien réfléchies (cf Carbonnier).

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BELLAAROUSSI

le 18 février 2010 à 18 h 04 min

Je n’ai pas témoigné lors de la soirée du 9 février en raison du succès qu’a rencontré ce débat et par conséquent du peu de temps imparti à chacun.

Toutefois, je pense qu’il est essentiel de souligner le rôle de l’EFB et des CRFPA.

La réforme du tronc commun est essentielle, mais il est également essentiel de réformer le mode d’enseignement. Ce mode d’enseignement est trop théorique et pas assez pratique.

A mon sens, ces écoles sont un « pont » entre l’université où nous recevons un enseignement théorique de qualité et l’exercice de la profession d’avocat.

Aussi, je ne comprends pas que les exercices de plaidoiries soient aussi rares y compris pour des avocats qui, comme moi, se destinent au droit des affaires.

Ces écoles doivent nous apprendre à être avocat et par conséquent à être « en situation » d’un point de vue pratique. Aussi, je crois qu’enseigner les délais et la compétence en matière civile sont fondamentaux, mais les mettre en pratique l’est encore plus.

Par conséquent, le rythme des exercices pratiques doit être sensiblement modifié (un exercice toutes les deux semaines) avec remise de dossier en début de semaines, audiences quelques jours après, etc.

J’exerce depuis maintenant 6 années, mais le problème de la formation initiale que j’ai connu n’a pas été solutionné.

Nous comptons donc sur vous pour proposer des modifications substantielles du fonctionnement des écoles d’avocats et des enseignements qui doivent être bien plus pratiques.

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